Génération Y et épargne : ce que disent vraiment les chiffres
81 % des Français se disent inquiets pour l’avenir du système des retraites, et une majorité juge plus difficile aujourd’hui qu’il y a 20 ans de se constituer une épargne. La génération Y, les millennials, n’est pas moins consciente du problème que les autres : elle a simplement rencontré des obstacles structurels différents.
Ce guide explique qui sont exactement les millennials, pourquoi épargner a été plus difficile pour cette génération, ce que disent les baromètres les plus récents, comment construire une habitude d’épargne réaliste, où placer cet argent selon l’horizon, et les erreurs les plus courantes.
Qui sont les millennials
La définition la plus utilisée, celle du Pew Research Center, situe les millennials entre 1981 et 1996, soit entre 30 et 45 ans en 2026. En France, on parle aussi de « génération Y », un terme qui recouvre globalement la même tranche d’âge.
C’est la génération entrée sur le marché du travail pendant ou juste après la crise financière de 2008, avec des salaires d’entrée plus bas en termes réels que la génération précédente, et un accès à la propriété considérablement retardé face à la hausse des prix de l’immobilier.
Pourquoi épargner a été structurellement plus difficile
Entrée sur le marché du travail en pleine crise. Qui a commencé à travailler entre 2008 et 2014 l’a souvent fait avec des salaires d’entrée déprimés et des contrats plus précaires, un effet que la littérature économique documente comme persistant plusieurs années après l’entrée sur le marché du travail.
Coût du logement disproportionné face aux salaires. Le prix de l’immobilier a augmenté bien plus vite que les salaires moyens ces deux dernières décennies, retardant l’âge moyen d’accès à la propriété et détournant vers le loyer une partie du budget que les générations précédentes consacraient à l’épargne.
Emploi plus fragmenté. CDD, économie de plateformes et changements d’emploi plus fréquents génèrent des revenus moins prévisibles d’un mois sur l’autre, rendant plus difficile l’engagement dans une épargne fixe et récurrente.
Ce que disent les baromètres 2025
Selon le baromètre 2025 du Cercle des Épargnants, réalisé par Ipsos en janvier 2025, 81 % des Français se disent inquiets de l’avenir du système des retraites. Une majorité estime qu’il est plus difficile pour les jeunes aujourd’hui qu’il y a 20 ans de se constituer une épargne (59 %), de penser à leur future retraite (66 %), ou de devenir propriétaire (68 %). Côté non-retraités, 60 % estiment qu’ils n’auront pas assez de ressources pour vivre correctement à la retraite.
Dans le même temps, selon l’étude 2025 « Les Français, l’épargne et la retraite » réalisée par l’IFOP pour le Cercle de l’Épargne, 71 % des Français épargnent, et le taux d’épargne des ménages a atteint 18,8 % du revenu disponible brut au premier trimestre 2025, un niveau historiquement élevé. Mais près de 30 % des Français déclarent n’avoir aucun argent placé en épargne, révélant un écart croissant entre ceux qui épargnent plus que jamais et ceux qui n’épargnent rien du tout.
Ces chiffres, pris ensemble, dessinent une image différente du millennial insouciant : la majorité est consciente du problème, mais l’obstacle principal est la capacité économique réelle, pas le manque d’intérêt ou d’information.
Comment construire une habitude d’épargne réaliste
Le cadre le plus cité en éducation financière est la règle 50/30/20 : environ 50 % des revenus nets pour les charges fixes (logement, énergie, alimentation), 30 % pour les dépenses variables et les loisirs, et 20 % pour l’épargne et le remboursement de dettes. Ce n’est pas une formule universelle, et avec des salaires d’entrée bas ou des loyers élevés, ces 50 % de charges fixes sont souvent dépassés ; dans ce cas, ajuster le pourcentage d’épargne à ce que le budget permet réellement est plus utile que de forcer un chiffre qui ne convient pas.
Ce qui fonctionne de façon constante dans les études de finance comportementale, c’est d’automatiser l’épargne : programmer un virement automatique dès réception du salaire, avant que cet argent n’atteigne le compte courant, réduit bien plus la probabilité de le dépenser que d’essayer d’épargner « ce qu’il reste » en fin de mois, ce qui est presque toujours peu ou rien.
Où placer cette épargne selon l’horizon
Ceci ne constitue pas un conseil financier personnalisé ; ce sont des catégories générales, pas des recommandations pour votre situation. Pour une épargne de précaution (l’argent qu’il faut disponible en quelques jours, pas en mois), le Livret A ou un compte épargne à liquidité immédiate reste la référence, même avec un rendement modeste : la priorité est la disponibilité, pas le rendement. Pour des objectifs à moyen terme (2-5 ans, comme un apport immobilier), plusieurs guides d’éducation financière mentionnent des instruments avec un peu plus de rendement potentiel mais aussi plus de risque, et recommandent de bien se renseigner ou de consulter un conseiller avant de décider. Pour une épargne à très long terme (retraite, horizon de plusieurs décennies), le Plan Épargne Retraite (PER) et l’assurance-vie sont les instruments les plus cités dans la littérature d’éducation financière française, chacun avec sa propre fiscalité et son propre niveau de risque à comprendre avant de souscrire.
Erreurs d’épargne les plus courantes chez cette génération
Attendre d’avoir « assez » pour commencer. Commencer avec 20 € par mois automatisés construit plus d’habitude et plus d’épargne accumulée sur cinq ans qu’attendre le moment idéal qui n’arrive jamais.
Ne pas séparer l’épargne des dépenses courantes. Si l’argent épargné se trouve sur le même compte que les dépenses quotidiennes, il se dissout beaucoup plus facilement dans des achats non planifiés.
Ignorer l’inflation du style de vie. Chaque augmentation de salaire entièrement absorbée par plus de dépenses, au lieu d’être répartie entre dépense et épargne, maintient la capacité d’épargne stagnante malgré la hausse du salaire.
Outils qui facilitent l’épargne aujourd’hui
L’automatisation reste l’outil le plus efficace : virements programmés, applications d’arrondi qui épargnent automatiquement la différence de chaque achat, ou objectifs d’épargne visuels dans l’app de la banque ou de l’émetteur de carte aident à maintenir l’habitude sans dépendre de la volonté chaque mois.
Le service d’épargne de Bitsa permet de programmer des versements automatiques en cryptomonnaies, avec une fréquence quotidienne, hebdomadaire, mensuelle ou annuelle et un montant minimum bas, ce qui facilite le démarrage sans grosses sommes. Il faut être honnête sur ce que c’est et ce que ce n’est pas : l’épargne en cryptomonnaies est une voie de diversification à haut risque du fait de la volatilité de l’actif, pas un substitut à une épargne de précaution ni à un plan retraite, et il vaut mieux la traiter comme une petite partie d’une stratégie d’épargne plus large. Pour séparer cet argent des dépenses courantes dès le début, une carte prépayée Bitsa avec le forfait Free, sans frais, permet de commencer sans coût additionnel ; le guide sur la carte prépayée détaille comment l’obtenir.
Questions fréquentes sur la génération Y et l’épargne
Quelles années définissent un millennial ?
La définition la plus utilisée, celle du Pew Research Center, situe les millennials entre 1981 et 1996. En France, on parle aussi de « génération Y » pour désigner globalement la même tranche d’âge.
Est-il vrai que les millennials ne se soucient pas d’épargner ?
Non, selon les données les plus récentes. La majorité est consciente du problème et s’inquiète de ne pas épargner suffisamment ; l’obstacle principal est généralement la capacité économique réelle, pas le manque d’intérêt.
Combien devrais-je épargner chaque mois ?
Il n’existe pas de chiffre universel valable pour tous les budgets. La règle 50/30/20 est un point de départ courant, mais avec des salaires d’entrée bas ou des loyers élevés, ajuster le pourcentage à ce que le budget permet réellement est plus utile.
Vaut-il mieux épargner sur un livret ou investir directement ?
Cela dépend de l’horizon et de la tolérance au risque de chacun ; ceci ne constitue pas un conseil financier personnalisé. En règle générale, l’épargne de précaution doit rester liquide et disponible ; l’épargne à très long terme peut bénéficier d’instruments à plus fort potentiel, en comprenant toujours le risque associé.
L’épargne en cryptomonnaies est-elle une bonne option pour un millennial ?
Cela peut être une voie de diversification, mais à haut risque du fait de la volatilité de l’actif. Elle ne devrait pas remplacer une épargne de précaution ni constituer la base d’un plan d’épargne retraite, tout au plus une petite partie d’une stratégie plus large.