Cartes russes: le jeu pour décider qui paie l’addition

Terminer un repas entre amis et arriver au moment de l’addition peut être le passage le plus gênant de la soirée. Il y a ceux qui sortent la calculatrice du téléphone et calculent au centime près ce que chacun a commandé, ceux qui divisent en parts égales sans discuter, et ceux qui misent sur le hasard en posant toutes les cartes face contre table et en laissant le serveur choisir laquelle paie l’addition entière. Ce dernier est le jeu connu comme les cartes russes.

Cet article passe en revue le fonctionnement du jeu, quand ça a du sens et quand pas, d’autres méthodes courantes pour partager l’addition, et comment gérer la partie du paiement numérique rapidement entre amis qui n’ont pas la même app ou la même banque.

Ce que sont les cartes russes

Les cartes russes sont un jeu social pour décider de manière aléatoire qui paie l’addition complète d’un repas partagé entre plusieurs convives. Le nom joue avec le parallèle de la roulette russe (un participant « prend ») mais avec des conséquences infiniment plus légères: payer le dîner de tout le monde.

C’est une tradition répandue en Espagne et dans plusieurs pays d’Amérique latine, surtout dans les groupes d’amis qui sortent avec une certaine fréquence et où le montant se compense en moyenne sur la durée. À la fin de l’année, celui qui « prend » plusieurs fois coïncide souvent avec celui qui n’est « pris » qu’une seule fois.

Comment jouer étape par étape

Le processus est simple.

  1. On rassemble les cartes de paiement de tous les convives qui veulent jouer. Carte de crédit, débit ou prépayée, toutes fonctionnent.
  2. On les pose toutes face contre table, mélangées.
  3. On demande au serveur (ou à quelqu’un d’extérieur au groupe) d’en choisir une au hasard.
  4. La personne à qui appartient la carte choisie paie l’addition entière.

Il existe une variante à élimination plus amusante avec plus de suspense. Au lieu de choisir directement la « perdante », on élimine les cartes une à une: le serveur en lève une, elle retourne à son propriétaire (sauvé), en lève une autre, la rend, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’une sur la table. Cette personne paie. Ça étire le moment et ajoute de la tension.

Autres façons courantes de partager l’addition

Les cartes russes sont une option parmi plusieurs. Voici les plus courantes dans les groupes d’amis.

Parts égales. Le total divisé par le nombre de convives. Rapide et sans calcul, mais peut être injuste si quelqu’un a mangé ou bu significativement moins que le reste.

Chacun ce qu’il a pris. L’addition est séparée par convive. Requiert que le restaurant l’accepte (tous ne le font pas) ou que quelqu’un fasse les comptes. Le plus équitable, mais plus lent.

Tours rotatifs. Une personne paie l’addition entière chaque fois que le groupe sort. Fonctionne bien dans les groupes qui se voient souvent et avec une capacité économique similaire. Requiert une mémoire collective sur à qui c’est le tour.

Celui qui fête son anniversaire ne paie pas. Tradition très répandue notamment dans les groupes jeunes. Tout le monde divise la part de la personne fêtée entre les autres.

Un payeur qui répartit ensuite. Une personne avance l’addition au restaurant et ensuite chacun lui règle sa part par virement numérique. C’est le plus rapide pour le restaurant et le plus habituel dans les groupes habitués à Lydia, Wero, virements entre apps ou Bitsa-to-Bitsa.

Le paiement numérique entre amis aujourd’hui

Indépendamment de la méthode choisie, la partie « je te l’envoie » s’est beaucoup simplifiée ces dernières années. En France, Lydia a résolu la majorité des cas entre personnes bancarisées, et le service européen Wero commence à s’étendre. Mais il reste des situations que ces services ne couvrent pas bien: amis avec compte dans des banques non partenaires, personnes sans compte bancaire traditionnel ou groupes de nationalités mixtes où tout le monde n’utilise pas le même service.

Dans ces cas, d’autres voies fonctionnent mieux.

Virements directs entre utilisateurs Bitsa. Si le groupe compte plusieurs utilisateurs Bitsa, des virements instantanés peuvent se faire entre eux via le numéro de téléphone ou un code unique généré depuis l’app. Le montant arrive sur le solde du destinataire en quelques secondes, sans commission interne.

Apps de « split bills » internationales. Splitwise est la plus connue pour tenir les comptes entre groupes d’amis dans le temps, particulièrement utile en colocation, en voyage ou pour des dîners récurrents avec le même groupe.

Virement SEPA instantané. Si le montant est élevé ou qu’il n’y a pas d’option plus rapide, le virement SEPA Instant entre comptes européens arrive en secondes et est fiable.

Une carte Bitsa convient bien particulièrement dans les groupes internationaux ou quand certains amis n’ont pas de compte bancaire français actif. En tant que carte prépayée Visa avec IBAN associé, elle fonctionne pour recevoir des virements SEPA de n’importe qui, et les virements entre utilisateurs Bitsa sont instantanés et sans commission.

Quand éviter le jeu des cartes russes

Les cartes russes fonctionnent comme divertissement social seulement quand il y a équilibre entre les participants. Il y a des situations où il vaut mieux ne pas jouer.

Grandes différences économiques dans le groupe. Si un convive gagne significativement moins que le reste, « prendre » l’addition peut être un vrai coup dur pour son budget mensuel. Même si le jeu se présente comme une blague, les conséquences ne le sont pas.

Addition très élevée. Dîners avec des prix qui dépassent ce que n’importe qui du groupe paierait seul. Dans les restaurants haut de gamme ou les dîners de célébration, mieux vaut opter pour une autre méthode.

Nouvelle personne dans le groupe. Quelqu’un invité pour la première fois peut se sentir obligé d’accepter le jeu par pression sociale sans le vouloir vraiment. Il est courtois de ne pas forcer.

Groupes où le jeu n’est pas culturel. En dehors des contextes où le jeu est connu, certains convives peuvent se sentir mal à l’aise avec la mécanique. En cas de doute, mieux vaut demander avant de proposer.

Principe général: le jeu s’accorde avant de commander, pas quand arrive l’addition. Personne ne devrait apprendre qu’il a joué aux cartes russes après avoir dépensé plus que prévu.

Questions fréquentes sur les cartes russes et les paiements entre amis

Pourquoi ça s’appelle « cartes russes »?

Le nom joue avec la comparaison avec la roulette russe: un participant est pris au hasard et assume la conséquence. Dans ce cas la conséquence est de payer l’addition entière, bien plus légère que dans le jeu original.

Peut-on jouer avec des cartes prépayées?

Oui. Toute carte de paiement acceptée par le restaurant fonctionne. Il faut juste vérifier avant de jouer que les cartes prépayées ont un solde suffisant. Si quelqu’un « prend » et que la carte ne couvre pas le montant, il devra payer avec une autre ou recharger sur le moment, ce qui casse la fluidité du jeu.

Le jeu est-il légal?

Oui, il n’y a aucune considération légale spécifique. C’est une convention sociale entre adultes consentants. Ça n’entre pas dans la catégorie des jeux de hasard régulés car il n’y a pas de prix en argent ni d’opérateur commercial qui organise le jeu.

Que se passe-t-il si la personne « choisie » n’a pas assez de solde ou de crédit?

Ça dépend de l’accord préalable du groupe. Le plus habituel est que le reste la « sauve » en couvrant le montant à plusieurs et en réglant avec elle plus tard. Il ne faut pas laisser le restaurant au milieu d’une situation financière du groupe.

Y a-t-il des alternatives plus équilibrées que les cartes russes?

Les tours rotatifs (une personne paie chaque fois) et diviser en parts égales sont les alternatives qui génèrent moins de tension. Pour les groupes qui se voient peu ou avec de nouveaux membres, diviser par ce qui a été consommé est le plus juste.