Le crowdfunding par type de projet en Espagne : créatif, immobilier, prêt et don
Vous avez sûrement déjà croisé le mot « crowdfunding » lors d’une conversation avec des amis, dans un podcast consacré aux finances ou en faisant défiler Instagram, sans vraiment savoir ce qu’il signifie. Je sais, cela peut sembler réservé aux investisseurs en costume-cravate ou à ces projets viraux sur Kickstarter qui demandent un demi-million d’euros pour financer des idées plus ou moins improbables. La bonne nouvelle, c’est que la réalité est beaucoup plus simple.
Le crowdfunding est, au fond, simplement une façon de financer quelque chose grâce à de nombreuses personnes plutôt que de passer par une banque. En Espagne, il existe quatre types de crowdfunding, et pas un seul. Quatre façons différentes de l’utiliser selon ce que vous souhaitez faire : lancer un projet créatif, investir dans l’immobilier, prêter de l’argent en échange d’intérêts ou soutenir une cause sociale.
C’est beaucoup plus simple qu’il n’y paraît et nous allons vous l’expliquer en quelques minutes. Une fois que vous avez compris les différences entre chaque type, tout devient beaucoup plus clair. Si vous devez un jour choisir un modèle, choisir le bon peut faire la différence entre une campagne réussie et une déception évitable.

Les quatre modèles de crowdfunding et leurs différences
Avant d’entrer dans le détail de chaque type, remettons un peu d’ordre. La clé pour ne pas s’y perdre tient à une question très simple : qu’est-ce que reçoit la personne qui apporte de l’argent ? Selon la réponse, vous êtes face à un modèle ou à un autre, et cela change beaucoup de choses. Selon le type de crowdfunding, les plateformes utilisées, la fiscalité, les risques et même ce que vous pouvez légalement promettre peuvent varier. Voyons quels types de crowdfunding existent :
- Le crowdfunding avec récompense (le modèle créatif). Dans ce modèle, vous apportez de l’argent à un projet culturel ou créatif et recevez un produit ou une expérience en échange. Il peut s’agir d’un livre dédicacé, d’une place en avant-première ou d’une mention dans les crédits. Attention, il n’y a pas de rendement financier. Votre « bénéfice » est d’obtenir l’album, la bande dessinée ou le T-shirt avant tout le monde.
- Le crowdfunding d’investissement (immobilier et equity). Ce modèle s’adresse à ceux qui souhaitent acheter une participation dans un actif ou un projet. Si le projet fonctionne bien, vous pouvez gagner de l’argent grâce à la plus-value, aux loyers ou aux dividendes. S’il fonctionne mal, vous pouvez perdre une partie ou la totalité de votre capital. Il existe donc bien un rendement financier, mais aussi un risque réel.
- Le crowdlending (le modèle de prêt). Ici, vous prêtez de l’argent à une entreprise ou à un particulier via une plateforme et recevez des intérêts fixes en échange. Il s’agit d’une dette, et non d’une participation au capital. Vous percevez ce qui a été convenu, ni plus ni moins.
- Le crowdfunding par don (le modèle solidaire). Enfin, dans ce modèle, vous contribuez à une cause sociale sans attendre de contrepartie matérielle. Le retour est émotionnel ou éthique. Ce que vous gagnez, c’est la possibilité d’aider quelqu’un à financer un traitement médical, une ONG ou une aide aux réfugiés.
Chaque modèle possède des plateformes spécialisées, des exigences légales différentes et ses propres risques. Vous ne pouvez pas lancer une bande dessinée sur une plateforme de crowdlending. La CNMV supervise notamment les modèles d’investissement et de prêt, tandis que les modèles créatif et basé sur les dons sont soumis à moins de réglementation directe, même s’ils ont également leurs propres règles.
Maintenant que vous avez une vue d’ensemble, passons à chaque modèle. Commençons par celui dont vous avez probablement déjà entendu parler : le crowdfunding créatif.

Crowdfunding créatif : pour les livres, les bandes dessinées, la musique et le cinéma
Si vous avez déjà vu une campagne destinée à financer un album, un livre autoédité, un court-métrage ou une série de podcasts sur n’importe quel sujet, vous avez déjà été confronté au crowdfunding créatif dans sa forme la plus classique. C’est le modèle qui a popularisé le concept en Espagne et qui reste le plus visible, même s’il n’est pas celui qui représente les plus gros volumes financiers.
Comment ça fonctionne (sans détails techniques ennuyeux)
Le fonctionnement est très simple. Un créateur (musicien, écrivain, illustrateur ou cinéaste, par exemple) publie un projet sur une plateforme avec un objectif financier. Imaginons qu’il ait besoin de 5 000 € pour enregistrer un album. Plusieurs niveaux de récompenses sont proposés si l’objectif est atteint. Si l’objectif est atteint dans le délai prévu, qui est généralement de 30 à 60 jours, le projet est financé et le créateur reçoit l’argent. Si l’objectif n’est pas atteint, aucun paiement n’est encaissé et les contributeurs sont remboursés.
Les récompenses sont au cœur du modèle. Vous n’achetez pas vraiment le produit : vous le soutenez. En échange, vous recevez quelque chose de symbolique ou une expérience. Par exemple, un CD dédicacé pour 20 €, un T-shirt pour 35 €, un dîner privé avec le groupe pour 200 € ou votre nom dans les crédits pour 500 €. Les plateformes prélèvent généralement une commission (entre 5 % et 8 %) à laquelle s’ajoutent les frais de transaction (environ 2,9 % + 0,25 € par carte).
Les plateformes leaders en Espagne
- Verkami. La plateforme la plus populaire pour les projets culturels et créatifs (livres, musique, cinéma et bandes dessinées).
- Goteo. Elle se concentre sur les projets ayant une dimension sociale, éducative ou à impact.
- Lánzanos. Spécialisée dans les initiatives créatives et culturelles de toutes sortes.

Avantages et inconvénients
Comme tout modèle de financement, le crowdfunding créatif a ses avantages et ses inconvénients. Il n’est pas parfait. Il est important de connaître ses atouts et ses limites avant de se lancer afin de déterminer s’il correspond réellement à votre projet. Voici les deux faces de la médaille :
| Avantages | Limites |
|---|---|
| Valider votre idée avant de la produire : si personne ne contribue, le problème vient peut-être de l’idée et non de sa promotion. | Aucun rendement financier. Le contributeur reçoit le produit ou une expérience, pas d’argent. |
| Créer une communauté de soutiens engagés dès le premier jour. | Nécessite une communication intensive. Le succès dépend davantage de votre communication (réseaux sociaux, e-mail, presse, événements) que de la plateforme. |
| Financer votre projet sans céder de participation ni contracter de dette. | La plateforme fournit la vitrine, mais c’est à vous d’attirer le trafic. |
| Idéal pour les projets proposant un produit concret en guise de récompense. |
Crowdfunding immobilier : comment investir dans la pierre avec de petites sommes
Si le crowdfunding créatif s’adresse à ceux qui souhaitent financer un projet, le crowdfunding immobilier s’adresse à ceux qui souhaitent investir leur argent. Ici, vous ne soutenez pas un artiste : vous achetez une fraction d’un immeuble, d’un programme immobilier ou d’un prêt hypothécaire. C’est une façon de commencer avec de petites sommes, à partir de 50 à 500 €. Il y a dix ans, cela aurait été impensable si vous vouliez investir dans l’immobilier.
Comment ça fonctionne (sans détails techniques ennuyeux)
Le fonctionnement est simple. Tout d’abord, une plateforme en ligne publie un projet immobilier. Il peut s’agir d’acheter et de rénover des logements pour les revendre, de construire un immeuble ou de financer un promoteur avec une garantie hypothécaire.
Attention : vous n’achetez pas le bien immobilier dans son intégralité. Vous en achetez une fraction aux côtés de nombreux autres investisseurs. Dans ce crowdfunding, il existe deux principaux modèles :
- Prêt (vous percevez des intérêts fixes, généralement entre 8 % et 12 % par an)
- Equity (vous achetez une participation et gagnez grâce à la plus-value et aux loyers, avec un TRI cible de 14 à 16 %).
Les durées vont de 6 à 36 mois pour les prêts, et de 12 à 24 mois pour l’equity. Voilà pour le fonctionnement ! Voyons maintenant quelles sont les plateformes leaders en Espagne.
Les principales plateformes en Espagne
- Urbanitae. Il s’agit de la plus grande plateforme d’Espagne, avec plus de 340 millions d’euros collectés et un rendement annuel moyen de 13 % (investissement minimum de 500 €).
- Civislend. Spécialisée dans le crowdlending immobilier, avec un rendement moyen de 11,31 % et des projets à partir de 250 €.
- Wecity. Tous les projets bénéficient d’une garantie hypothécaire de premier rang, avec un rendement annuel de 12,6 % et un taux de défaut déclaré de 0 % (à partir de 500 €).
- Housers. L’une des pionnières, avec des rendements compris entre 8 % et 12 % et un investissement initial à partir de 50 €.

Avantages et inconvénients
Le crowdfunding immobilier ouvre l’accès à un actif qui nécessitait auparavant des dizaines de milliers d’euros pour pouvoir y investir. Aujourd’hui, vous pouvez commencer avec 500 €, mais ce modèle n’est pas parfait. Comme toujours, connaître les avantages et les inconvénients vous aide à déterminer s’il correspond à ce que vous recherchez. Voici les principaux :
| Avantages | Limites |
|---|---|
| Accès au secteur avec de petites sommes : de 50 à 500 €, ce qui était impensable il y a dix ans. | Risque réel de perte en capital : si le projet échoue, vous pouvez perdre une partie ou la totalité de votre investissement. |
| Rendements attractifs : entre 8 % et 14 % par an selon le type de projet et la plateforme. | Illiquidité : l’argent est bloqué pendant plusieurs mois ou années, ce n’est pas un compte rémunéré. |
| Diversification géographique et par projet : vous pouvez répartir votre capital entre plusieurs programmes immobiliers et villes. | Nécessite une analyse : il faut examiner le business plan, le LTV, les garanties et le promoteur avant d’investir. |
| Deux modèles : prêt (intérêts fixes) ou equity (participation à la plus-value). | Fiscalité complexe : les plus-values sont imposées comme des gains patrimoniaux dans l’IRPF. |
Crowdlending : des prêts aux entreprises et aux particuliers via des plateformes
Avec le crowdlending, les choses sont différentes. Si le crowdfunding immobilier consiste à investir dans des actifs, le crowdlending consiste à prêter de l’argent en échange d’intérêts. Dans ce cas, c’est vous qui jouez le rôle de la banque. Vous prêtez du capital à des entreprises ou à des particuliers via une plateforme, qui vous remboursent ensuite le montant prêté avec des intérêts fixes. C’est le modèle qui représente le plus gros volume en Espagne parmi les formes de crowdfunding financier, avec des rendements généralement compris entre 6 % et 12 % par an.
Comment ça fonctionne (sans détails techniques ennuyeux)
Le mécanisme est simple. La plateforme publie des demandes de prêt déposées par des entreprises. Il peut s’agir de besoin en fonds de roulement, d’expansion ou de travaux. Les particuliers peuvent également publier des demandes, par exemple pour un regroupement de dettes ou des projets personnels. Vous choisissez le montant que vous souhaitez prêter à chacun, généralement à partir de 10 €.
La plateforme gère le recouvrement des mensualités et vous reverse les intérêts. Il existe deux principaux types :
- Prêts avec garantie (hypothécaire ou avec nantissement)
- Prêts sans garantie (plus de risque, mais davantage d’intérêts).
Les durées vont de 6 mois à 5 ans, selon le type de prêt. Voyons maintenant quelles plateformes occupent les premières places en Espagne :
Les principales plateformes en Espagne
- Mintos. Il s’agit de la plus grande plateforme d’Europe. Elle propose des prêts à partir de 10 €, avec des rendements compris entre 6 % et 14 % par an (réglementée en Lettonie).
- PeerBerry. Cette plateforme est spécialisée dans les prêts garantis, avec des rendements de 10 à 12 % par an et un investissement initial à partir de 10 €.
- Lendermarket. Elle propose des prêts à court terme avec des rendements de 12 à 14 % par an. L’investissement minimum est de 50 €.
- Monefit. Il s’agit d’une plateforme espagnole offrant des rendements compris entre 7,5 % et 10,5 % par an, avec un investissement initial à partir de 10 €.

Avantages et inconvénients
Le crowdlending offre des rendements nettement supérieurs à ceux des dépôts bancaires, mais avec des risques qu’il ne faut pas ignorer. Voici les deux faces du modèle afin que vous puissiez prendre une décision éclairée:
| Avantages | Limites |
|---|---|
| Rendements élevés : entre 6 % et 12 % par an, bien au-dessus des dépôts et des comptes rémunérés. | Risque de défaut : si l’emprunteur ne rembourse pas, vous perdez de l’argent. Il n’existe pas de garantie publique comme pour les banques. |
| Ticket d’entrée très faible : à partir de 10 à 50 €, accessible à presque tous les investisseurs. | Illiquidité : même s’il existe un marché secondaire, vous ne trouverez pas toujours d’acheteur si vous devez vendre avant l’échéance. |
| Diversification facile : vous pouvez répartir votre capital entre des dizaines ou des centaines de petits prêts. | Fiscalité : les intérêts sont imposés comme des revenus de capitaux mobiliers (19 à 28 % dans l’IRPF). |
| Deux types de prêts : avec garantie (moins de risque) ou sans garantie (plus d’intérêts, mais plus de risque). | Faillite de la plateforme : les fonds appartiennent aux investisseurs, mais leur gestion devient plus complexe si la plateforme ferme. |
Crowdfunding par don : causes sociales et situations d’urgence
Les trois modèles précédents ont un point commun : il existe toujours un retour, qu’il s’agisse d’un produit, d’intérêts ou d’une plus-value. Le crowdfunding par don est différent. Ici, vous donnez de l’argent à une cause sociale, une situation d’urgence ou un projet solidaire sans rien attendre de matériel en retour.
On peut dire que le retour est ici émotionnel ou éthique. Ce que vous gagnez, c’est la possibilité d’aider quelqu’un à financer un traitement médical, une ONG ou des réfugiés. C’est le modèle le plus humain, mais aussi celui qui dépend le plus de la narration et de la diffusion de la campagne.
Comment ça fonctionne
Dans ce cas, le processus est très simple. Tout d’abord, une personne, une famille ou une organisation à but non lucratif publie une cause sur une plateforme. Il peut s’agir de frais médicaux non couverts, d’aide aux réfugiés, de reconstruction après une catastrophe, du financement d’une ONG ou de situations similaires. Ensuite, un objectif financier et une durée sont définis (parfois sans date limite). Les donateurs choisissent ensuite librement le montant de leur contribution, de 5 € à plusieurs milliers d’euros. La plateforme traite les paiements et conserve les fonds jusqu’à leur retrait par le bénéficiaire. Les paiements peuvent être effectués par carte, Bizum ou virement bancaire. Certaines plateformes facturent des frais. Voyons quelles sont les principales plateformes en Espagne pour ce type de crowdfunding.
Les principales plateformes en Espagne
- Coral. Cette plateforme ne facture pas de commission (seuls les frais de transaction de 2,9 % + 0,25 € s’appliquent, et peuvent être pris en charge par le donateur) et délivre des certificats de don pour les ONG accréditées, ce qui la rend idéale pour les causes structurées.
- GoFundMe. Il s’agit de la plateforme la plus utilisée pour les situations d’urgence personnelles, comme les frais médicaux, les funérailles ou les catastrophes naturelles. Elle ne facture pas non plus de commission de plateforme en Espagne.
- Migranodearena. Elle est spécialisée dans les causes liées aux réfugiés et aux immigrés en Espagne, facture une commission de 5 % et accepte Bizum.
- Teaming. Elle fonctionne grâce à des microdons récurrents de 1 € par mois pour des projets sociaux, environnementaux ou culturels. Il s’agit donc d’un modèle d’abonnement plutôt que d’une campagne ponctuelle.

Avantages et inconvénients
Le crowdfunding par don est le modèle le plus facile à comprendre, mais aussi celui qui dépend le plus de la capacité à diffuser la campagne et à raconter son histoire. Voici ses avantages et ses inconvénients afin que vous disposiez de toutes les informations avant de faire votre choix :
| Avantages | Limites |
|---|---|
| Aucun rendement financier attendu : vous contribuez par conviction, et non dans un but lucratif. | L’absence de retour est également un inconvénient. Le contributeur ne reçoit rien de matériel, seulement la satisfaction d’aider. |
| Accès mondial : n’importe qui peut faire un don depuis n’importe où dans le monde. | Nécessite une narration forte : sans histoire bien racontée, la campagne peine à décoller. |
| Flexibilité totale : causes personnelles, ONG, urgences et projets sociaux. | Promotion intensive : le succès dépend presque entièrement de la manière dont vous diffusez la campagne sur les réseaux sociaux et dans les médias. |
| Commissions faibles ou inexistantes : de nombreuses plateformes ne facturent pas de commission de plateforme. | Avantages fiscaux limités : seuls les dons effectués au profit d’ONG accréditées donnent droit à une déduction dans l’IRPF. |
Quelles sont les exigences de la CNMV pour les plateformes en Espagne?
Jusqu’ici, nous avons vu les quatre modèles, leurs plateformes et leurs risques. Mais il reste un élément essentiel : qui supervise tout cela ? Depuis 2020, avec le Règlement européen sur les prestataires européens de services de financement participatif (UE 2020/1503), les plateformes de crowdfunding en Espagne opèrent en tant que prestataires de services de financement participatif (PSFP) agréés et supervisés par la CNMV.
Concrètement, toute cette réglementation signifie qu’il ne suffit pas de créer un joli site web et de commencer à collecter de l’argent. Il existe des règles, des registres et des sanctions. En tant qu’investisseur ou créateur, il est utile de les connaître afin d’éviter les plateformes qui ne fonctionnent pas correctement. La première étape consiste à connaître les principales exigences.
Principales exigences (ce que vous devez vérifier)
Avant de vous inscrire sur une plateforme, vous devriez vérifier cinq éléments. Ce n’est pas de la bureaucratie inutile : c’est votre protection.
- Autorisation de la CNMV. Toutes les plateformes doivent être inscrites au registre public de la CNMV. La procédure d’autorisation prend entre 6 et 9 mois. Si la plateforme ne figure pas dans le registre, elle n’est pas autorisée.
- Capital réglementaire. Les plateformes doivent disposer d’un capital minimum de 25 000 € ou d’un montant équivalent au quart de leurs dépenses opérationnelles. Ce capital peut être remplacé par une assurance ou une garantie bancaire.
- Fiche KIIS. Chaque projet doit présenter une fiche standardisée de six pages maximum contenant les risques, les coûts et le rendement attendu.
- Limite de 5 millions d’euros. Une plateforme ne peut pas lever plus de 5 millions d’euros par porteur de projet sur une période de 12 mois. Si elle a besoin de davantage, un autre cadre réglementaire s’applique.
- Séparation des fonds. L’argent des investisseurs est séparé du capital de la plateforme et conservé sur des comptes dédiés. Si la plateforme fait faillite, votre argent ne fait pas partie de la masse de la faillite.

L’étape suivante consiste à vérifier que la plateforme est bien autorisée. Comme nous l’avons indiqué, la CNMV tient un registre public des prestataires PSFP autorisés en Espagne ainsi que des prestataires européens qui y opèrent grâce à leur « passeport » européen. Avant d’investir ou de lancer une campagne, vérifiez que la plateforme figure dans ce registre. Il existe aujourd’hui plus d’une vingtaine de prestataires autorisés.
Gardez également à l’esprit que la CNMV publie régulièrement des listes d’entités non autorisées qui opèrent en Espagne. Avant de vous inscrire, vérifiez que la plateforme figure bien dans le registre des entités autorisées. Si elle apparaît sur la liste des entités non autorisées, elle ne peut pas exercer légalement.
Questions fréquentes sur le crowdfunding
Quel type de crowdfunding est le plus rentable ? Cela dépend du niveau de risque accepté. Le crowdlending et le crowdfunding immobilier peuvent offrir entre 6 % et 12 % par an, mais avec un risque réel de perte en capital. Le crowdfunding avec récompense et le crowdfunding par don n’offrent aucun rendement financier.
Dois-je payer des impôts sur mes investissements en crowdfunding ? Oui. Les intérêts du crowdlending sont imposés comme des revenus de capitaux mobiliers. Les plus-values issues du crowdfunding immobilier ou de l’equity sont imposées comme des gains patrimoniaux.
Que se passe-t-il si la plateforme fait faillite ? Les fonds des investisseurs n’appartiennent pas à la plateforme, mais aux projets. Toutefois, la faillite d’une plateforme complique la gestion des remboursements et peut affecter la récupération des fonds.
Puis-je investir sans être un investisseur accrédité ? Oui, mais avec certaines limites. La réglementation européenne limite les montants qu’un investisseur non accrédité peut apporter par projet et sur une base annuelle. Les montants précis varient selon le type de plateforme.
Le crowdfunding créatif est-il rentable ? Pas sur le plan financier. La récompense est généralement le produit ou une expérience, et non de l’argent. Il est surtout utile pour valider une idée et financer sa production.
Choisir le crowdfunding, c’est d’abord choisir un type de relation avec l’argent : le prêter, l’investir, le donner ou l’échanger contre un produit. La bonne plateforme vient ensuite, et non avant. Une mauvaise classification au départ conduit souvent à des déceptions qui auraient pu être évitées.